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LE RAJA YOGA
Selon le yoga-sutra de PATANJALI, le yoga doit respecter une progression et cela est présenté sous forme d'échelle :
Le hatha-yoga prendrait ainsi en compte les 3 premières étapes d'évolution. Le yoga-nidra aiderait à franchir l'étape de pratyahara et se situerait à la frontière de dharana et de dyana selon l'état de conscience de la personne au moment de la pratique. La méditation passe elle par la concentration et la stabilité du mental pour laisser alors la place à dyana dans le meilleur des cas, comme un « état de grâce » qui nous serait offert !
Pratiquer le raja-yoga suppose donc de respecter ces différentes étapes de progression et l'on ressent vite les limites du hatha-yoga s'il n'est pas complété par quelques moments de silences ou de concentration sur ses sensations afin d'apprendre peu à peu à les connaître, les comprendre et pouvoir les maîtriser ...
Vouloir à l'inverse « entrer en état méditatif » sans préparation du corps et sans contrôle mental ni contrôle de son souffle, apparaît vain ou en tous les cas plus difficile ... Il existe pourtant des techniques de méditation comme antar mauna qui rend la pratique de la méditation comme un acte dynamique, une méthode d’accès à la connaissance de soi. On passe pour cela par des « objets de concentration ».
On s'oppose, par cette pratique, à la méditation « sur le vide » des zens et des bouddhistes, dont le principe est de chercher à découvrir la vérité du tout, en ce concentrant seulement sur le vide, ce qui est une démarche très difficile et seule une élite peut arriver à découvrir « Le Tout », c'est-à-dire « tout ce qui est le contenant et le contenu de la vie ».
Méditer sur un objet devient faisable, une fois que le corps est stable, le souffle calme et le mental orienté vers ce support de concentration. Si l’objet est attirant, cela peut s'avérer assez facile. Par contre cela peut rester difficile si l’objet rebute ou est plus douloureux ! Par exemple, méditer sur la jalousie, est difficile, mais strictement nécessaire. Chacun doit pouvoir un jour être en mesure de méditer sur sa propre jalousie, sa violence, ou son envie de tuer. Chacun doit apprendre à se confronter avec ses traits de caractères spécifiques pour les transcender.
Tout l'enjeu du raja-yoga serait finalement d'aider la personne à « se mettre en condition » pour réussir à évoluer, faire évoluer son état de conscience et dépasser ses schémas de pensée et modes réactifs conditionnés par nos mémoires ou plus communément dit, notre mental ! La connaissance des yama et nyama est là aussi pour nous aider à mieux orienter nos pensées et nos actes. Ils sont eux aussi graduels et nous concernent individuellement et collectivement. Ils sont au nombre de 8 et représentent des qualités vers lesquelles il nous faudrait tous tendre : « la non-violence » et « la propreté », « le contentement » et « la vérité », « l’honnêteté » et « la sobriété », « la restriction des désirs » et « l'étude de soi » et enfin, « le non attachement » et « l'abandon à une intelligence supérieure ». Ainsi nous pourrions nous relier à l'intelligence de La Vie... L'eau
En hiver nous sommes invités à accepter le dénuement, le silence à l'image de la nature qui est réduite à son fonctionnement strictement minimum … Si on joue sur les mots, en hiver : « on nid-vers » ce qui invite au repli sur soi comme des arbres «dépouillés» de leur feuillage ! On associe cette saison à l'élément « Eau » car c'est le fondement de la Vie : sans eau il n'y aurait pas de vie sur Terre. L'eau est représentée par le chakra : SWADHISTHAN où siégerait l'inconscient individuel autant que collectif! Les organes sollicités l'hiver sont de fait les REINS et la VESSIE car on dit qu’ils sont « garants de la racine de vie ». Les reins contribuent à la synthèse du calcitriol (forme active de la vitamine D), ils sont les « maîtres des os ». Les OS et la moelle épinière stockent la mémoire de nos ancêtres. Les reins filtrent aussi le sang et entrent dans la production des globules rouges, de la moelle. Ils épurent ainsi le corps en produisant l’urine, filtrat composé entre autre d’acide urique et de créatine. Ils gouvernent ainsi la naissance, la croissance et la reproduction. La VESSIE qui est associée aux reins, élimine les impuretés filtrées par les reins et permet de préserver la mobilité des articulations. On comprend mieux comment l’hiver peut aussi nous amener à nous repositionner par rapport à notre nature profonde en se demandant sincèrement : « qui suis-je ? », « quels sont mes désirs (profonds ou superficiels) ? » jusqu'à jouer encore avec le mot « neige » : « n’ai-je » ou « née-je » ? Aussi, la qualité de l'approche de cette saison dépendra de la confiance que l'on aura développé avant pour réussir à s'appuyer sur les bonnes valeurs, les vrais besoins afin de ne pas « se noyer » dans les désirs multiples... Les symboliques « éveillées » à travers l'hiver, sont encore une fois complexes. Si on se réfère aux trajets des méridiens des reins et de la vessie, on peut là aussi proposer dans un premier temps des postures de yoga plus ou moins faciles pour « soutenir » ces organes et faciliter leur travail d'épuration. Ce « travail » physique permettra de rééquilibrer les fonctions physiologiques, d'éliminer quelques peurs, avant d'entrer dans des apprentissages plus subtils. En hiver, nous aurons finalement surtout besoin de beaucoup de calme et de SILENCE. Dans l'idéal, nous devons profiter de cette période pour méditer davantage et accepter ce repli sur soi, cette « petite mort » pour mieux renaître au printemps en comprenant que la naissance et la mort ne sont que des mutations de l’énergie universelle…
Exemple de postures de Yoga pour regénérer la vessie :
La salutation au soleil (surya namaskar) :
Ou la salutation à la lune (chandra namaskar) qui intègre ardha chandrasana en posture 5 et 10 à la suite de ashwa sanchalanasana et régénère ainsi les 2 méridiens en alternance !
Exemples de postures de Yoga pour regénérer le rein :
L’hiver nous renvoie à notre nature profonde. L'élément Eau qui y est associé nous parle de nos PEURS, de notre inconscient. C'est aussi une saison où le noir est très prédominant ainsi que le froid. En travaillant sur les SENSATIONS, au-delà des jugements de valeur, nous pouvons redéfinir ce qui nous est agréable ou désagréable et nous adapter pour rester au plus près de ce qui est important pour nous. Il est essentiel aussi d'apprendre à nous respecter dans notre nature profonde et pour cela il faut bien se connaître pour ne pas tomber dans le piège de « j'aime ou j'aime pas »... ce fonctionnement très archaïque issu du cerveau reptilien. Pour nous y aider on peut s'appuyer sur les qualités de SATYA qui nous permettent de nous rapprocher au plus près de « notre vérité » même si cette notion reste très relative et suppose beaucoup de vigilance et de discernement. Comme si « plonger au cœur de notre animalité », identifier au mieux nos désirs, pouvait nous aider à comprendre notre humanité, comprendre à quel point elle est « conditionnée » par nos mémoires... La visibilité de la lune est aussi plus importante à cette saison, avec les nuits plus longues en hiver que dans les autres saisons. Cela nous renvoie encore plus à notre SENSIBILITE (notre part de féminité). On retrouve d'ailleurs ce symbole dans la représentation de SWADHISTANA chakra qui sous-entend une forte référence à notre inconscient qu'il soit individuel ou collectif ! Le but de notre évolution serait de réussir à transcender nos peurs (« j'aime pas ») ou désirs (« j'aime ») pour aller vers LE CONTENTEMENT. Si on classe les émotions associées à l'hiver selon la logique des guna, le but sera de rééquilibrer les mécanismes de blocage ou d'excès activés par nos croyances et de tendre vers plus d'indépendance et l'expression sincère de notre LIBRE-ARBITRE :
Afin d’équilibrer au mieux le système nerveux autonome et donc de limiter les excès et les manifestations émotionnelles gouvernées par Rajas ou Tamas, on peut donc proposer la séance type de yoga. On peut aussi préconiser certaines techniques de respiration comme ujjayi ou tout simplement, encourager le repos quand la fatigue est trop grande ! Toutes méditations favorisant « l’écoute du silence » ou « l'acceptation de notre nature fondamentale » avec CONTENTEMENT peuvent bien sûr nous aider à retrouver un certain équilibre. En s'approchant d'une plus grande VERITE par rapport à notre nature profonde on peut se libérer peu à peu du conditionnement par nos mémoires et notre éducation : « être authentique » (plus vrai !) Tout cela rejoint les techniques d'antar mauna. Et si on veut parfaire le travail et tenter de « libérer le mental » en touchant le subconscient, il y a aussi l'outil précieux du YOGA NIDRA dont le contenu pourrait être autour de ces mêmes thématiques après avoir effectué par exemple une rotation de la conscience à partir de la perception des os plus que de la simple perception du corps en général. Les paires opposées sont à aborder graduellement autour de « dur/mou », « rigidité/fluidité », « peur/témérité ». Une histoire symbolique pourrait aussi s'organiser autour de « peau d'Âme » pour répondre à la question « qui je suis ? » et terminer sur le contentement « je suis ce que je suis ».
Paramhansa Yogananda On pourrait aussi tout simplement renforcer tout ce travail de rééquilibrage en :
Cela rejoint la notion « d'intelligence émotionnelle » décrite la 1ère fois par Daniel GOLEMAN dans son livre du même nom, nous invitant justement à « accepter nos émotions pour développer une intelligence nouvelle »... car un QI élevé ne suffit pas à réussir tout ce que l'on entreprend dans la vie, des névroses obsessionnelles ou réactions émotives disproportionnées peuvent entraver le plus beau des processus de raisonnement intellectuel ! Emmanuelle LEBEGUE
La terre
Les organes sollicités à cette saison (ou inter-saison) sont l’ESTOMAC qui extrait l’énergie des aliments ou des boissons et LA RATE. Le premier contrôle « le mûrissement » de la nourriture dont il permet ensuite l’acheminement vers la rate. Cette dernière « gouverne » leur transformation et assure le transport des essences de nourriture. Elle joue alors un rôle
EXEMPLE DE POSTURES DE YOGA POUR REGENERER L’ESTOMAC :
EXEMPLE DE POSTURES DE YOGA POUR REGENERER LA RATE :
Afin d’équilibrer le corps tout en renforçant la confiance que l'on peut avoir de soi, on peut limiter les excès ou les manques en pratiquant tous les jours des mouvements doux et conscients de « pawanmuktasanas d'anti fermentation » et autres asanas proposés ci dessus ou à travers une séance type. Les exercices de respiration renforçant l'équilibre sont aussi à privilégier tel que «samavritti pranayama ». En méditation, il est intéressant de parfaire « kaya sthairyam » pour l’immobilité à laquelle elle invite avec la stabilité du corps. Pour renforcer ce travail méditatif on peut aborder le thème des BESOINS avec la différenciations entre « nos besoins et nos désirs » et l'observation de « nos forces et de nos faiblesses » avec la technique de SWAN Le thème du yoga nidra sur « la terre » doit être celui de la CONFIANCE et après les étapes 1, 2 et 3, le décompte de respirations abdominales, le travail sur les paires opposées devrait se faire autour de « lourd/ léger », « somnolence (torpeur) / hyper-agitation (mentale) » et « insécurité/confiance ». Pour les images rapides, il faudrait veiller encore plus que d'habitude à la saturation du mental en enchaînant les propositions... jusqu'à l'image d'un « arbre » dans toute sa splendeur !
On peut aussi tout simplement :
De façon plus subtile on peut étudier certaines correspondances entre cette saison et les qualités à rechercher. Symboliquement il faut bien comprendre que cette intersaison nous invite à « faire le point » et en touchant « ce que nous sommes » et comment nous vivons notre « relation au corps », elle doit nous aider à faire de plus en plus confiance à « l'intelligence de notre corps ». Comme l’été indien est la saison des moissons, cette inter-saison nous renvoie à notre capacité à récolter les fruits de notre travail mais aussi à en redonner, si on veut, de nouveau, pouvoir en profiter… A la saison des récoltes, nous avons donc besoin de PARTAGE et d’échange dans la joie de vivre et dans le plus grand respect des uns et des autres à l'image d'AHIMSA « la non-violence », avant d'entrer dans la période de la décroissance de l’automne. Les émotions associées à cette saison sont directement liées au cycle naturel du « donner et recevoir » et bien souvent si l'on accepte de donner on reçoit au centuple ce qui a été offert... Tout ceci permet de faire le lien avec l'écologie, cette qualité de respect de la terre dans l'exploitation que l'on peut en faire, sans excès, de façon à faire perdurer les cultures, à les optimiser sur le long terme au lieu de chercher du profit à court terme. Et si cette attitude s'applique à notre propre corps, on retrouve les qualités de SAUCHA « nettoyage », entretien de soi avec intelligence sans culte de la personne... La qualité de cette étape dépend donc des précédentes aussi car il ne faut pas oublier qu' « on récolte ce que l'on sème ».même si tout le problème des « mémoires » est justement de ne pas être capable de se souvenir de tout ce que l'on a semé ! Dans l'idée « d'enseignement par le corps », nous devons donc apprendre à ACCEPTER que TOUT est occasion d’évolution, de croissance et de compréhension. Que les expériences soient agréables ou désagréables, elles doivent être traversées pour apprendre… au rythme de « la danse de la vie »! Notre corporalité, l’état « de nos chairs » et le respect de nos BESOINS fondamentaux, est ainsi le reflet de notre qualité d’acceptation de notre corps et de notre capacité à nous aimer tel que nous sommes. D'où le lien qui peut être fait avec MOOLADHARA chakra. L’hyperactivité peut être par exemple une compensation au manque de confiance en soi et en son potentiel avec un besoin de reconnaissance à assouvir alors que la léthargie serait la manifestation opposée à cette qualité de PRESENCE à laquelle l'énergie de la terre devrait nous amener :
Une présentation des différentes enveloppes corporelles appelées les KOSHA, est aussi l'occasion de préciser nos différentes formes de besoins, classés sous forme d'une pyramide, celle de MASLOW :
LES KOSHA LES BESOINS CORRESPONDANTS
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